On dit souvent que le web 2.0 crée (a créé ? créera ?) l'ère de la conversation pour la communication de marque.
Pour les non spécialistes et pour faire court: la marque devient un acteur de l'échange qui a lieu entre les internautes, dans le cadre des outils et des comportements adoptés par ceux-ci. La conversation s'oppose à la prise de parole unilatérale et indifférenciée de la marque, telle qu'elle se déroule dans les medias traditionnels.
Cela pose évidemment un certain nombre de questions stratégiques et techniques aux marques (et entreprises dans le cadre de la communication institutionnelle).
Il me semble que le défi le plus important est celui du temps, dont (je crois) personne ne parle.
En effet, il n'y a pas de raison particulière pour que l'échelle de temps d'une conversation avec des milliers ou millions d'internautes rejoigne celle de la vie de la marque ou de l'entreprise.
On a d'un côté la contrainte de temps de la conversation:
- combien faut-il de temps pour comprendre les codes et rôles au sein d'une conversation ?
- à quel rythme évoluent-ils ?
- quand faut-il alimenter les participants en information dont la connaissance préalable enrichira les échanges ?
- pendant combien de temps et à quel rythme faut-il écouter ?
- quel niveau de réactivité adopter dans la prise de parole ?
...
De l'autre, celle des échéances de la marque ou de l'entreprise:
- allocation et pilotage des budgets
- allocation et turnover des équipes
- coordination opérationnelle de la conversation avec les plans d'actions media, marketing ou RP
...
Et aucune raison de penser que ces deux contraintes sont facilement conciliables.
A moins de considérer que l'on ne parle finalement que d'une conversation initiée par la marque, avec un début, un rythme et une fin déterminés par la marque. On peut alors intégrer cette conversation dans un calendrier, par exemple dans le cadre d'un lancement de produit ou d'une assemblée générale d'actionnaires.
Mais si la marque impose son rythme, le web 2.0 et sa conversation sont-ils si éloignés des pratiques classiques ? Peut-on parler d'une "ère nouvelle" ?
Pour se matérialiser réellement, cette "ère de la conversation" nécessite une gestion asynchrone côté annonceur, afin de concilier les impératifs de la conversation d'un côté et ceux de la stratégie de communication de l'autre.
Pas facile.