Tous ceux (celles) qui ont travaillé dans le domaine de l’informatique au sens large ont un jour ou l’autre rencontré le «syndrome de l’outil».
De quoi s’agit-il ?
Face à un problème d’entreprise -stratégique ou opérationnel- on justifie la cause du problème par l’absence d’outil adapté et on cherche donc un nouvel outil susceptible de le résoudre.
Or, la vocation d’un outil n’est pas de définir une solution à un problème, mais de permettre sa mise en œuvre.
Illustration : Ce n’est pas parce qu’elle s’équipe d’un logiciel de gestion qu’une Direction RH définira mieux sa politique de formation ou sa grille de rémunération. En revanche, elle pourra les gérer de manière plus efficace.
Dans le domaine du marketing en ligne, le syndrome de l’outil est accéléré par la course à l’innovation.
Illustration:
L’annonceur: «je cherche à renforcer la proximité avec ma cible»
La solution: un outil - par exemple «un widget pour réseau social»
Non seulement la stratégie et les objectifs ne sont pas toujours clairement définis, mais de surcroît les outils et les usages sont mal maîtrisés, côté annonceur comme côté agence.
Dans certains cas, on dépasse ainsi le syndrome de l’outil pour atteindre le diktat de l’outil, par exemple «il faut être sur 2nd life».
Mais le syndrome de l’outil n’est pas neutre:
Traditionnellement, les cabinets de Conseil annonçaient (je n’ai pas vérifié de chiffres récents) des taux d’échecs autour de 65% dans les projets liés à l’informatique. L’échec pouvant signifier l’abandon du projet en cours de route, un livrable non conforme aux attentes, un calendrier ou un budget non respecté. Chacun peut trouver des explications à l'échec de son projet. Mais au niveau macro, le syndrome de l'outil est sans doute une des causes de fond de ce taux d'échec ahurissant.
Le webmarketing qui est sorti de la petite enfance va devoir s’attaquer à ce genre de souci d’adulte
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