Blyk est un opérateur mobile (MVNO) lancé en Grande Bretagne en 2007.
Le modèle économique repose sur les annonceurs. Un abonné a droit à 43 mn de conversation et 217 sms par mois, financés par de la publicité. Au-delà, l’utilisation est payante. Blyk cible uniquement les 16-24 ans.
Après un an d’existence, Blyk a passé le cap des 200 000 abonnés à l’automne (au-dessus des objectifs annoncés au lancement) et étend son offre en 2009 à de nouveaux pays: Pays-Bas, Allemagne, Belgique et Espagne.
Je ne comprends pas comment une telle offre peut fonctionner, au moins sur le court-moyen terme.
Jusqu’à aujourd’hui, les tentatives d’offrir du service «gratuit» contre de la publicité ont échoué dans le domaine de la conversation téléphonique, la présence publicitaire ayant toujours été jugée trop intrusive.
Supposons que ce frein disparaisse.
Quelle place peut occuper le modèle économique ?
Le nerf de la guerre est l’argent que les annonceurs sont prêts à mettre sur la table.
Dans le cas de la France, on a un marché publicitaire mobile évalué à 20 millions d’euros en 2007 (cf Mobile Marketing Association France) et 100 millions d’euros en 2010 (cf Benchmark Group). A noter que ces chiffres sont du media brut. Si les mêmes marges de négociation sont appliquées sur le mobile et sur Internet, cela donne grosso modo 4 millions d’euros investis en 2007 et 20 millions en 2010.
Imaginons que blyk soit lancé en France et reçoive un accueil favorable, soit 10% des 16-24.
A supposer que tout l’argent disponible afflue uniquement sur blyk (soit 20 millions), on disposera en 2010 à peu près de 30 euros par an par abonné (On doit être sur des classes d’âge de plus ou moins 700.000 individus, soit 6.300.000 personnes. 10% = 630.000).
Peut-on faire fonctionner un MVNO avec 30 euros par an par abonné ?
Si blyk se cantonne à un marché de niche, les coûts diminuent mais les annonceurs ne suivront pas, au-delà d’investissements tests ou de quelques campagnes de relations publiques.
Le business modèle de blyk nécessite donc un afflux massif (c’est peu dire) d’investissement publicitaire sur le mobile couplé à un changement de mentalité des abonnés, prêts à accueillir une omniprésence publicitaire.
Voilà pourquoi le modèle Blyk me paraît surprenant.
Cela dit, Blyk a levé 30 à 40 millions auprès de Sofinnova à ses débuts (cf interview de Timo Ahopelto) et a récemment levé 40 millions d’euros pour financer son expansion européenne).
Donc le modèle doit pouvoir se justifier.
Si un(e) spécialiste tombe sur ce post et peut me donner des éléments complémentaires, je l'en remercie par avance.
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