Dans l’écosystème de la communication numérique, on peut grossièrement répartir les sujets en deux grandes catégories, en fonction de l’attitude des agences vis-à-vis des annonceurs : le «pull» et le «push».
1. Le "pull"
Dans le cas du «pull», le public s’approprie un outil, crée un usage, sans que l’écosystème marketing ne soit particulièrement impliqué. Ainsi se sont imposés par exemple le SMS, Google ou encore Facebook.
Une fois la taille critique atteinte en terme d’usage, les agences «tirent» le sujet vers une approche marketing, afin de développer les investissements de la part des marques. A noter que dans le cas de Google, le phénomène s'accompagne d'une certaine désintermédiation des agences.
2. Le "push"
Dans le cas du «push», le point de départ est un outil technologique dont la valeur d’usage n’est pas évidente.
Les agences «poussent» alors le sujet auprès des marques sans raison objective. Le discours se centre en général sur le caractère innovant et se nourrit d’un buzz auto proclamé par l’écosystème. La marque est invitée à "y aller" car "il faut y aller".
Exemples : le Wap, 2nd life, qui n'ont jamais réellement décollé et dont les personnes qui les recommandaient aux marques ne sétaient en général pas même donné la peine d'aller voir de quoi il retournait.
Où se situe le QR code ?
Il semble bien que le QR code appartienne à la deuxième catégorie.
En effet, hors milieu "geek", les adeptes du QR code sont difficiles à trouver dans son entourage. On ne sent pas un attrait particulier pour ce mode d'interaction.
Si on s'intéresse aux chiffres, une étude comScore a mesuré qu'en juin 2011, 6,2% des possesseurs de mobile ont scanné un QR code (cf 14 Million Americans Scanned QR Codes on their Mobile Phones in June 2011)
Les raisons de sa non adoption par le public sont connues:
- nécessité d'avoir un smartphone
- nécessité de télécharger préalablement une application pour pouvoir lire le QR code
- difficulté opérationnelle à exploiter le QR code (ex: difficuté à cadrer la photo, mauvaise connexion mobile...)
- peu de raison objective d'interrompre l'activité en cours pour se précoccuper du QR code
- déception créée par la plupart des contenus proposés, qui n'incite pas à renouveler l'expérience (pas de réelle valeur ajoutée, mauvaise adaptation du contenu au téléphone...)
Ce qui est peut-être particulier dans le cas du QR code est que l’usage des smartphones et de l’internet mobile se développant, le « push » perdure, à contre courant des résultats observés.
Question:
le QR code est-il promis à un bel avenir, malgré ses débuts laborieux ou bien rejoindra-t-il les fausses bonnes idées "sympas" de la communication numérique?