La relation agence annonceur qui pose souvent problème chez nous ne va pas mieux chez nos voisins.
Les agences belges publient en effet "une lettre ouverte où elles dénoncent les mauvaises pratiques des annonceurs" (cf Stratégies - "Les agences belges se rebiffent")
En particulier en cause, le trop grand nombre d'agences consultées lors des compétitions.
Les agences insistent donc sur le respect d'une charte de compétion agréée dans les années 90 par les annonceurs et les agences.
Les points principaux à noter dans la lettre ouverte:
- Constat d'échec des organisations professionnelles dans leur rôle de régulation de la profession. Malgré l'existence de la charte, l'association des agences belges en est réduite à lancer une "grève virtuelle" pour sensibiliser les annonceurs.
- La multiplication des compétitions avec un fort taux d'échec moyen entraîné par le grand nombre de participants menace la viabilité de certaines agences,ce qui ne pose pas de problème particulier aux annonceurs ("Nobody's going to lose any sleep if there are a few less advertising agencies in the world")
- Malgré cela, les agences ne peuvent s'empêcher de participer aux compétitions et attendent de la charte qu'elle les aide à lutter contre leur instinct de chasseurs de budgets en limitant le nombre d'agences concurrentes ("agencies are protected from their instictive hunger not to miss out opportunities")
- Le point le plus intéressant est que les agences remettent en question le principe même des compétitions. En effet, évaluer une agence n'est pas si difficile ("judging an agency is not rocket science" ... "talk to an agency and you'll know right away if they see things the same way you do") et mieux vaut un brief à une agence choisie, plutôt qu'une compétition qui tourne à l'exercice de style entre professionnels du show ("don't delude yourself. Asking an agency to pitch is not the same as briefing one. In a pich, the only target audience is you. The only question an agency can ask itself is, "what do we need to do to get the client?")
- L'argument principal pour convaincre les annonceurs reste financier et les agences rappellent que le temps passé en compétitions pour décrocher un nouveau budget est in fine financé par les clients des agences en lice. Les agences n'y vont pas avec le dos de la cuillère en menaçant à demi-mots leurs clients de faire le service minimum en terme d'engagement, afin de s'investir en priorité dans les compétitions ("The day will eventually come when your agency has to divert the creative and strategic energy you're paying it for, into a pitch for someone else's business")
La crise des budgets 2009 laisse des traces...